
Les habitants vivent essentiellement de leurs cultures : maïs, blé, luzerne, oliviers, amandiers, figuiers, grenadiers. Le ruisseau qui coule en bas du village irrigue ces cultures et leur donne de franches couleurs vertes qui tranchent avec le rouge des montagnes arides. Chaque jour les villageois reproduisent des geste séculaires. Ainsi, pendant que les hommes labourent les terres avec une charrue tirée par des mules, les femmes s'affairent joyeuseument à la récolte du maïs ou de la luzerne à coups de serpette. C'est au hasard de nos promenades dans les champs que nous les rencontrons et qu'elles nous invitent à venir travailler avec elles. Sans hésiter, nous retroussons nos manches pour nous mettre à l'ouvrage en imitant maladroitement leurs gestes, ce qui crée des éclats de rire auxquels nous nous joignons également. Nous comprenons que ces échanges de rires, de regards, de gestes, de balbutiements arabes ou berbères autour du travail de la terre sont autant de pas vers l'intégration à leur monde. C'est donc avec joie que le matin nous retrouvons ces moments privilégiés avec les femmes et nous besognons allègrement avec elles pendant que les hommes vaquent à leurs occupations. Et même si les cordes des lourdes charges de luzerne nous coupent les épaules, nous les accomodons tant bien que mal sur notre dos pour remonter toutes ensemble d'un pas lent vers le village où les moutons attendent leur pitance.
Au village, il n'y a qu'un seul commerce : l'épicerie. Derrière son comptoir, le propriétaire ne parle que berbère, et c'est avec des gestes et des bruits que nous lui désignons ce que nous voulons acheter : des biscuits pour le goûter et des yaourts et du lait car il est coutume d'apporter ces produits laitiers lors d'une invitation à manger. Et des invitations à manger ou à boire le thé, c'est fréquent lorsque l'on est étranger dans un petit village. Au fil des invitations, nous nous lions d'amitié avec Saïd le menuisier, Fatma notre voisine, Zora, Aïcha, Radija ou encore Akima et la mère de Mohamed.
Le jeudi premier novembre, nous plions bagages et avec émotion, nous passons voir chaque ami du village pour leur dire au revoir.
"Beslama" Tazadoute, "beslama" notre jeune fille au pain.
Nous nous rendons à Tazarine, près de Zagora, sur invitation de l'un des professeurs de l'école, pour animer une semaine d'ateliers.
Tazarine est une petite ville située au bord d'une rivière, entourée de palmeraies, aux portes du désert.
Nous recevons un accueil enthousiaste des instituteurs de l'école : Mohamed, Nabil, Mekki, Saber, et du directeur : Mohamed. Grâce à leur dynamisme, les ateliers peuvent commencer dès le lendemain après-midi.
Aujourd'hui 6 novembre, le Maroc commémore "la marche verte" : le 6 novembre 1975 le roi Hassan II initiait une marche qui allait mener 350 000 marocains (nombre correspondant aux naissances de cette année-là) à franchir la frontière entre le Maroc et le Sahara occidental qui était à l'époque sous tutelle espagnole.
Par cet acte symbolique, les marocains revendiquent l'unité territoriale du Maroc.
Mais fermons cette parenthèse historique pour revenir à nos moutons !
En ce jour férié, les instituteurs organisent une matinée de jeux avec les enfants à la palmeraie et nous proposent d'y animer un atelier. Jeux musicaux, match de foot Maroc - France : 3 - 0, goûter, ont rythmé cette matinée pleine d'échangesss et de joie.
Le lendemain, les ateliers musique reprennent et compte-tenu du nombre important d'enfants, Karine met en place un atelier peinture avec l'aide d'Elodie, Cécile, Stéphane et Franck.
De cette merveilleuse semaine, nous vous laissons quelques images.